Star Wars : Disney tue le père

Le Réveil de la Force était attendu. Une campagne marketing entretenant rigoureusement le suspense a martelé l’année 2015 avant la sortie du film en salles. Même après la levée du voile, les critiques furent unanimes pour ce qui est en passe de devenir le plus gros succès commercial du 7ème art. Et pourtant, il n’y a aucune raison pour cela.

The force awakensCertes c’est un beau film, qui recèle des pépites cinématographiques et rafraichît la saga avec des acteurs titres bien trouvés comme Daisy Ridley et John Boyega. Enfin les hommes blancs ne trustent plus les rôles principaux et laissent la place ! Il s’agit aussi d’un bon blockbuster, il faut en convenir mais c’est (aussi) bien là que le bât blesse. Toute l’intrigue, les fils rouges, la cohérence narrative et l’inventivité de la saga ont disparu au profit d’une énorme machine à remakes (ce serait trop long pour tous les citer), d’une succession de batailles et de duels sans fin, habillée d’une musique attrayante comme toujours quand il s’agit de John Williams mais trop faiblement mise en avant. On nous annonçait un reboot, on termine avec un remake.

Le peu d’intrigue (tout se passe en un instant) et les dialogues sont tirés par les cheveux. La la phase d’apprentissage des héros est tout aussi peu crédible : tout se passe en un instant et Rey (Daisy Ridley) acquiert en moins d’une journée ce que même Anakin Skywalker, l’Elu de la prophétie (qui a été bien malheureusement rayée de la carte…), a mis dix ans à apprendre. Enfin, la philosophie Jedi (et, pour la prélogie, la réflexion politique) sous- tendant l’ensemble de la saga a presque disparu de ce film d’action.

Le rôle du côté obscur pose peut être le plus gros problème du film. Avec toujours un coup d’avance sur les Jedis, les Siths étaient tous plus terrifiants et fascinants les uns que les autres. Or, là, à force de recycler, on en vient à découvrir des anti-héros, à la limite du grotesque. Un général avec le charisme d’une huitre se casse la voix en se pre- nant pour Goebbels. Le Supreme Leader de ce nouvel opus est impulsif et influençable, à des années lumières de Sidious, le génie politique du mal. Enfin le chevalier Kylo Ren (Adam Driver) incarne parfaitement le rôle de fantoche qui essaye sans succès de jouer les Vador.

Il n’y a en réalité rien qui puisse surprendre là- dedans. Recycler les oeuvres passées pour en faire des franchises afin de tenter de renouer avec le profit est devenu un des ressorts d’Hollywood depuis (trop) longtemps. C’est le chemin qu’a pris Disney après le rachat à George Lucas des droits d’auteur de la célèbre saga en s’affranchissant de son oeuvre. La mauvaise trilogie du Hobbit nous avait montré à quel point cela pouvait dénaturer une merveille littéraire et on sait que Harry Potter pourrait bientôt connaître le même sort tragique que Star Wars, dont deux des trois réalisateurs de la nouvelle trilogie ont d’ailleurs été choisi pour leur capacité à produire des remakes et en faire des blockbusters, plus que pour leur inventivité au service de la science fiction. Jeffrey Jacob Abrahams fut le réalisateur de Mission Impossible 3 et des derniers Star Trek, et Colin Trevorrow est ce- lui qui a réalisé Jurassic World.

Et si Disney arrêtait de casser notre imagination et de nous empêcher de garder la tête dans les étoiles ?

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