Nord Stream II, le gazoduc transbaltique qui tiraille l’Europe

La récente signature de l’accord prévoyant la construction du second tronçon du gazoduc reliant la Russie à l’Allemagne ne fait toujours pas l’unanimité dans le continent européen et illustre clairement les limites de la politique énergétique commune de l’Union Européenne.

 

Le tracé des gasoducs du Nord-Ouest de l'Europe selon Gazprom
Le tracé des gasoducs du Nord-Ouest de l’Europe selon Gazprom

C’était le dossier controversé auquel personne ne s’attendait et la goutte d’eau de trop pour Mattéo Renzi. Une dizaine de pays de l’Union Européenne, lors des réunions du Conseil Européen des 17 et 18 décembre dernier, ont fait part de leur souhait d’inclure à l’ordre du jour le projet Nord Stream II, projet qu’ils chercheraient à faire passer aux oubliettes.

 

Le deuxième volet du projet Nord Stream, qui fut annoncé en septembre dernier par le géant russe Gazprom, a pour vocation de doubler la capacité d’acheminement du gaz russe directement vers l’Allemagne, avec 55 milliard de mètres cubes par an. Outre la détention de plus de 50% de parts de Capitaux par Gazprom dans le consortium du « Nord Stream II », Les groupes allemands Wintershall et EON, le groupe français ENGIE, l’Hollandais SHELL et l’autrichien OMV se disputent chacun 10 % des parts.

 

Le président du Conseil Européen Donald Tusk déclarait en décembre dernier que « Nord Stream II ne contribue pas à la diversification et ne permettra pas de réduire notre dépendance énergétique, appellant également à la creation de l’Union de l’énergie, qui prévoit notamment une diversification des approvisionements en gaz du continent.

 

N’appréciant guère le blocage de la Commission Européenne de « South Stream » il y a deux ans, Le président Matteo Renzi a crée la surprise en joignant la fronde. Co projet, dont la compagnie pétrolière Italienne ENI était actionnaire à hauteur de 20 %, prévoyait de contourner l’Ukraine en passant par la mer Noire, afin de desservir la Grèce, la Bulgarie et l’Italie.

Alors que la France, L’Allemagne, L’Autriche et le Royaume-Uni mettent en exergue la stabilité d’approvisionnement du futur gazoduc, les pays d’Europe centrale voient, quant à eux, une augmentation inquiétante de la dépendance en matière d’énergie de la Russie, ainsi qu’une menace réelle à leur politique énergique commune.

 

 

Le plan d’action concernant la diplomatie énergétique de l’Union Européenne, lancé en juillet dernier par la Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères Federica Mogherini, inclut notamment le besoin de diversification des sources d’approvisionnement des pays de L’UE. L’Afrique du Nord ainsi que les Pays centrasiatiques sont évoqués comme des alternatives énergétiques potentielles. Il paraît judicieux d’ajouter néanmoins, que ce plan d’action se heurte à un sérieux manque d’infrastructures,ainsi que du manque de volonté de certains pays européens qui, par leurs liens historiques assez étroits avec la Russie, peuvent continuer à envisager leur futur énergétique de manière assez sereine.

 

Alors que les sanctions à l’encontre de la Russie pour son implication dans le conflit Ukrainien viennent d’être prolongées pour six mois, la discordance sur le dossier Nord Stream II illustre, une nouvelle fois, l’incohérence de la stratégie politique de l’Union Européenne

 

Pourrait-on envisager la fin du projet de création de l’Union pour l’Energie avant même son lancement ? On peut en douter.

Taha N. BOUSMAHA

=> Homepage | Page d’accueil

Follow us on twitter ! Like our facebook page !

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s