N’attendons pas 2025 pour commencer la transition énergétique !

It’s just bullshit for them to say: ‘We’ll have a 2C warming target and then try to do a little better every five years.’ It’s just worthless words. There is no action, just promises. As long as fossil fuels appear to be the cheapest fuels out there, they will be continued to be burned.” Le constat de James Hansen, climatologue de renom de l’Université de Columbia, dans The Guardian après la signature de l’accord est sans appel. En effet, si les négociateurs peuvent se féliciter d’avoir trouvé un accord à 195, bien aidé par le travail remarquable réalisé tant par la France que la délégation de l’ONU menée par Jeffrey Sachs, il faut toutefois se poser des questions. La déception de James Hansen peut en partie s’expliquer par le manque de mécanisme de surveillance contraignant. Le seul mécanisme qui existe permet d’entrevoir la possibilité de vérification que chaque pays respecte ses engagements, mais seulement après cinq années (article 22 de l’accord) ! Vu que le traité est censé entrer en vigueur en 2020, cela veut dire que les premières vérifications non contraignantes sont attendues pour … 2025 !

 

beach-375069_960_720Pourtant, l’accord de Paris peut être vu comme une étape importante, celle qui a mis tout le monde d’accord sur la responsabilité des humains dans le réchauffement climatique. Celle qui prouve que des actions collectives sont possibles. Certains voient cette étape comme étant un pari pour l’avenir. L’accord de Paris ne peut toutefois pas être un pari. Il faut des certitudes, non des déclarations d’intentions. L’enjeu est énorme, il s’agit de jouer avec notre propre capacité, en tant qu’être humain, à nous adapter à la dérégulation climatique. L’ordre des objectifs de la société doit changer, et le premier doit devenir la création d’un cadre durable respectant la limite des 2°C, avant même les objectifs d’allocations et de redistribution des ressources.

 

Si la COP21 n’offre pas les outils permettant d’enclencher cette transition, cela ne veut pas pour autant dire qu’ils n’existent pas. En regardant vers le passé, il est aisé de collecter les idées qui doivent soutenir cet accord. Ainsi, il est maintenant clair que toute forme de subvention dans les combustibles fossiles doit cesser tant ces derniers constituent un frein énorme à la transition énergétique. D’autre part, les subventions, mais aussi les investissements privés, doivent être augmentés et redirigés vers différents secteurs. En premier, vers la recherche et le développement de nouvelles technologies sobres en carbone. En deuxième, vers les actions les plus efficaces en terme de réduction de CO2 par euro investi. Dans ce dernier cas, il ne s’agit pas de se focaliser uniquement sur l’éolien et le solaire, mais aussi d’ouvrir le débat sur la place du nucléaire. Les risques et les conséquences du changement climatique sont-ils plus ou moins élevés que l’utilisation du nucléaire comme énergie de transition ? Mais aussi sur l’utilisation des voitures à très faible consommation de carburants, au lieu de ne se focaliser que sur les électriques dont les prix restent trop élevés (et offre donc un ratio réduction de CO2 par € investi peu attrayant). Le domaine des transports publics à tout à gagner, selon les villes et leur modèle urbain, c’est effectivement dans ce secteur des transports que ce ratio devrait être le plus intéressant.
La consommation des ménages, de son côté, gagnerait à être remplacée par des investissements dans les technologies sobres en carbone ou dans la consommation de services dématérialisés sobres en carbone. Ces services se développent doucement à travers des coopératives locales, basées sur des circuits courts, des projets énergétiques communautaires, etc. La manière dont notre modèle urbain est conçu peut aussi être améliorée. Cela concerne principalement la gestion des eaux, le recyclage des déchets et la création d’espaces verts où une série d’idées sont à trouver dans les textes de Rob Hopkins. À ce sujet, une meilleure gestion des biens communs par une institutionnalisation d’un “secteur des communs”, tant prôné par Elinor Ostrom, doit aussi faire l’objet d’une plus grande réflexion.
Enfin, il est clair que l’un des outils majeurs est à développer à travers la mise en place d’une carte carbone, d’une taxe carbone ou d’un marché carbone mondial. Le rôle de l’État va aussi devoir évoluer, son rôle d’influence doit devenir plus important en ce qu’il a maintenant la responsabilité de transformer les valeurs et les aspirations de la population par la politique fiscale, urbanistique, d’investissements, des transports, etc. Pour ce faire, il aura à développer de nouveaux indicateurs rendant compte de ces différents aspects, tout en gardant un équilibre entre libertés individuelles et intérêt général.

 

Ma conclusion est simple : arrêtons de crier que la COP21 n’apporte aucune solution, en fait, les solutions existent depuis bien longtemps ! Ce dont elles manquaient, c’était d’un soutien politique. Et justement, la COP21 c’est l’embryon d’un courage politique retrouvé qui s’était évaporé depuis Copenhague !

Loïc COBUT
Membre du groupe Énergie de Natolin

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