Lettre ouverte des étudiants français de Natolin

Natolin
Dès le samedi, des étudiants de Natolin se sont rassemblés pour une minute de silence

Le 7 janvier dernier nous avait laissé l’impression d’avoir vécu l’horreur. C’était avant que notre pays soit à nouveau pris pour cible. Le 13 novembre ne sera plus un jour comme les autres. Désormais, il restera dans nos esprits comme le souvenir de notre frayeur, de notre incompréhension, de notre chagrin. On se souviendra que, quoique l’on dise, quoique l’on fasse, on peut se laisser emporter par le désespoir l’espace d’un instant. Pourtant, on se souviendra aussi de l’élan de solidarité, de notre envie de prendre soin les uns des autres. Et on se souviendra, surtout, du lendemain.

Car le lendemain, ce déluge de noir est balayé par une vague de soutien, d’affection, de solidarité. Parce qu’il ne s’agit pas que de nous, mais aussi de nos camarades tunisiens, libanais, égyptiens, turcs et européens. Tous ceux qui connaissent Paris et qui n’aiment pas qu’on assassine dans la rue. Nous ne sommes pas les seuls à avoir du chagrin, et nous pouvons d’autant plus facilement le partager.
A Natolin, réunis autour de « l’arbre de vie », notre minute de silence est un symbole de solidarité et de détermination en hommage aux innocents. Plus tard, l’Ambassade nous a accueillis pour une minute de silence et de « cohésion ». Mais ce moment, que le protocole a rendu rigide, ne nous apaisera pas plus que les milliers de bougies déposées devant le bâtiment, par des gens qui n’aiment pas qu’on tue d’autres gens parce qu’ils vivent leur vie. Nous ne sommes pas seuls et nous ne l’avons jamais été, nos camarades présents comme tous ces inconnus nous l’ont rappelé.

Ce jour-là, les étudiants du Collège d’Europe sont devenus plus pacifistes, plus philosophes, et surtout plus humains que jamais. Nous ne tomberons pas dans le piège de la haine polarisée, tendu sous son masque le plus barbare. Car nous n’avons pas peur et nous tâcherons de faire en sorte que les autres n’y cèdent pas. La peur écrase les vies et les cerveaux. Or nous sommes jeunes et avons l’obligation de rêver. Après la torpeur, il faudra reconstruire une société plus juste et plus solidaire, avec plus d’éducation, plus de liberté et plus d’égalité. Nous ne prierons pas pour Paris, parce que nous ne prions pas, mais nous continuerons à crier, à boire et à rire, à aller voir des matchs de foot, des concerts de rock… Parce que nous n’avons toujours pas peur.

Amandine, Benjamin G, Benjamin K, Benjamin L, Claire, Clémentine, Estelle, François, Jean-Baptiste, Philippe, Louise, Lucas, Vincent

=> Homepage | Page d’accueil

Follow us on twitter ! Like our facebook page !

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s