Qui pour le Prix Charlemagne?

Lors de l’inauguration de l’année académique, le 7 septembre dernier, le Recteur a annoncé que les étudiants du Collège d’Europe pourront participer au choix du titulaire du prix Charlemagne en 2016, attribué en 2015 à Martin Schulz. Revue des candidats potentiels.

Fondé en 1949, le prix international d’Aix La Chapelle est décerné chaque année pour récompenser les services rendus à l’unité européenne par des écrivains, scientifiques, économistes et personnalités politiques. Si la majorité des récipiendaires du « prix Charlemagne » furent des hommes politiques, on trouve également des institutions (l’euro, la Commission), des serviteurs de la chose publique, des religieux, etc. Le deuxième lauréat, en 1951, fut d’ailleurs le premier Recteur du Collège d’Europe. C’est donc un honneur qui est fait aux étudiants du Collège !

Mario Draghi, president of the ECB, is in my opinion the best choice for the Karlspreis
Mario Draghi, president of the ECB, is in my opinion the best choice for the Karlspreis

Si, à l’heure du bouclage du journal, les modalités de désignation définies par nos camarades ne sont pas encore précisées, il faut avouer qu’à l’heure actuelle, ce n’est pas les prétendants qui se bousculent. A l’heure du populisme et des égoïsmes nationaux, rares sont celles et ceux qui se battent pour l’unité européenne. Il reste bien Jean-Claude Juncker ou Donald Tusk mais ceux-ci ont déjà été récompensés. Pourquoi après tout ne nominer que des hommes âgés ? Seule un lauréat du prix Charlemagne sur dix fut une lauréate. Frederica Mogherini pourrait constituer en la matière un choix très intéressant. Etudiante, elle prit part au programme Erasmus. Comme jeune femme politique, elle fut successivement chargée des questions européennes au Partido Democratico, Ministre des affaires étrangères de l’Italie et depuis un an chef de la diplomatie européenne. Après l’accord avec l’Iran, ses services rendus à l’unité européenne ne pourraient toutefois pas être suffisants pour la qualifier.

Et, en dehors du cercle politique, il est difficile pour des étudiants de se déterminer, les soldats de l’unité demeurant assez confidentiels. Le philosophe Jürgen Habermas permettrait de retisser le lien bien abimé entre la politique et le monde des idées. Malheureusement, cette nomination risquerait de ne pas correspondre à l’idéologie majoritaire.

Il reste Mario Draghi, sa candidature n’a cependant rien d’une candidature par défaut. Economiste, il préside aux destinées de la Banque centrale européenne depuis 2011. En pleine crise de la dette souveraine, en 2012, il s’est déclaré être « prêt à tout faire pour préserver l’euro », mettant ainsi fin à la panique des marchés financiers. L’année dernière, il lança le programme de Quantitative Easing, plan de relance monétaire destiné à mettre fin à la spirale déflationniste qui menaçait l’Europe. En février 2015, il plaida devant le Parlement européen pour la création d’institutions gouvernementales paneuropéennes, sans lesquelles l’avenir de la monnaie unique n’était pas assuré. Enfin, cet été, il résista aux pressions des partisans du Grexit et maintint le soutien de la BCE aux banques grecques. Pour toutes ces raisons, il semble être le plus digne pour recevoir le prix récompensant les services à l’unité européenne.

Nathan de Arriba-Sellier

Edit: Le mouvement Refugees Welcome, en tant que collectif digne du fameux humanisme européen, serait aussi un excellent choix !

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